L'ÉTOILE DE LA JOURNÉE
Lu ce matin parmi les lettres des lecteurs publiées au Devoir cette quasi prière de
Paul Chamberland qui comporte une citation de Mahmoud Darwich:
La parole d'un poète
Alors que de soi-disant défenseurs de la démocratie se lavent les mains du meurtre, qu'ils autorisent, de victimes innocentes, dont le tort est de n'être pas des «nôtres», quiconque se refuse à la tromperie pourrait méditer ces vers du poète palestinien Mahmoud Darwich, extraits de État de siège
«Je t'apprendrai l'attente / Sur un siège de pierre / Nous pourrons échanger nos noms, tu pourrais trouver / Une ressemblance subite entre nous: / Tu as une mère, / J'en ai une, / Et nous avons la même pluie, / La même lune Et une courte absence de la maison.»
Paul Chamberland : Morin Heights, le 7 août 2006
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À propos de Darwich : http://mahmoud-darwich.chez-alice.fr/accueil.html
par Jacky boy | le 2006-08-09 23:29:34 | PERMALIEN
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LIBRE SALMIGONDIS A UN AN!
Libre Salmigondis, mon blogue, a un an aujourd'hui!
C'est Marc-André qui me tirait par la manche à l'époque, me suggérant que la manie d'envoyer des courriels collectifs à tout bout de champ en vidant mon carnet d'adresse pouvait être mieux canalisée dans un blogue et sans doute être plus cool pour mes destinataires, libres désormais de lire ou pas mes textes.
Le «média» blogue arrive sur nos écrans radar au début des années 1990. Mais le phénomène a explosé depuis deux ans seulement partout en Occident et gagne maintenant la Chine (
http://www.branchez-vous.com/actu/06-08/10-273102.html) . Quelques réflexions critiques commencent à émerger. Il y a beaucoup de nombrilisme et d'état d'âme sur la bloggosphère. Par ailleurs, les bloggueurs-artisans de la première heure craignent de voir s'installer une certaine professionnalisation (voir par exemple le
New York Times http://screens.blogs.nytimes.com/), ce qui risque de tuer dans l'œuf l'esprit de création, la joyeuse anarchie, le propos libre et populaire qui se construit en marge des officines du quatrième pouvoir.
L'économisme, sa mouvance, sa «gouvernance» et son étal journalier sur nos ondes, c'est connu, sont une espèce de caméléon-sangsue «à la mode de chez nous», dans tous les pays du monde, capable d'avaler la poésie la plus crue pour nourrir, pour gaver plutôt l'inconscient collectif qui trouve, croit-on, chaussure à son pied par les trous si rigolos de la publicité enchantée. C'est un peu long, mais c'est comme cela que je le pense. Nous sommes dans cette forêt sans arbres et il faut se lever de bonne heure pour comprendre tout cela. Comprendre la nudité de notre richesse.
Dans une large mesure, la contestation des cinquante dernières années est devenue de la poussière de rebelle pour maquiller - au sens de «licher» - les passions, les émotions, les affects, tout ça. Surréalisme, frocs, rock, beat, hippies, mai 68, indépendantisme, rap, reggae, gays... Et vous verrez bientôt sur les écrans près de chez vous ce qu'on fera de la révolte des jeunes dans la cité!
On récupère la nuit, l'aube, l'eau, l'opium et le peuple, les religions du peuple comme le montre, après Gramsci, le philosophe slovène Slavoy Zizek.
Mais qu'est-ce que la mode, sinon cette contrainte que personne ne nous impose?
Les journaux, la radio, la télévision, le Web... Je laisse à Chomsky qui me décourage et me réveille le soin de décortiquer la main-mise au fond pas très subtile de la «maudite machine», pour dire comme Octobre. Je laisse à l'excellent Michaël La Chance le soin de portraiturer les sirènes tintanabulantes de la cyberculture et dont le chant blesse l'authenticité de nos vies (Les penseurs de fer, Trait d'Union, 2001).
Pour moi qui ne suis pas très à la mode, tenir un cyber-carnet était une découverte et une aventure tant au niveau de l'édition que de l'échange avec de nouvelles personnes.
Une petite communauté de bloggueurs s'est établie à partir de notre serveur commun. Peu de gens, mais d'une grande qualité comme Onassis que je ne connais pas autrement que par sa plume régulière et que j'estime beaucoup.
De blogues en blogues, j'ai découvert quelques autres jeunes écrivains qui ne sont pas diffusés ou dont les écrits ne m'auraient pas touché facilement. C'est le cas de Maxime Catellier (
http://probantime.blogspot.com) et de Perras (j'ignore son prénom) dit Perrasite. Son adresse se trouve dans mes liens.
Je trouve très beau aussi le blogue du journaliste Bertrand Hall. Il écrit peu, son silence donne à penser.
Dans mon blogue, je me hasarde à explorer une conviction que je tiens pour profonde mais qui est sans doute peu utile pour transformer sinon le monde, au moins un peu soi-même, à savoir que la littérature reste l'une des seules voix libre de notre époque. C'est une grande lumière pour moi, une source d'espoir, une réserve de sensibilité et de sens, un souffle pour passer à travers la nuit. Mais comment partager ce rien vibrant puisque ce n'est pas ma fonction dans la vie de parler de littérature? Puisque j'ai si peu de temps pour lire et écrire? Puisque je ne sais rien.
Je n'ai aucun plan éditorial sur Salmigondis et j'ai épousé bien des causes qui n'ont à première vue rien à voir avec la poésie, beaucoup avec l'indignation. La mise à mort de la chaîne culturelle par les incultes de Radio-Canada, le congédiement de François Parenteau par les imbéciles de Radio-Canada, la condamnation de l'écrivain français Jean-Michel Maulpoix à payer une amende pour avoir diffusé sur son site le témoignage du poète Brice Petit relatif à des violences policières, le coup d'Orford...
À présent et par-dessus tout, comment ne pas être révolté par la position du Canada en regard du conflit au Liban?
J'ai publié quelques textes de Jean-Paul Dammagio, un spécialiste, surtout un amoureux de l'Amérique latine. À partir de ces textes, j'ai accueilli avec grand plaisir des commentaires fraternels de l'historien français René Merle.
Il m'est arrivé de parler un peu de philo. Un texte autour de Cassirer a permis un échange stimulant avec les philosophes Georges A. Legault et Josiane Ayoub. Curieusement, c'est ce texte très liminaire et un peu technique qui a été le plus consulté via les moteurs de recherche comme Google.
Il m'est arrivé de parler un peu d'éthique. Enfin, je l'espère. C'est alors que m'a écrit régulièrement Jean-Luc Fillion, un collègue étudiant à la Chaire d'éthique appliquée de l'Université de Sherbrooke. J'aime beaucoup nos échanges hors cours et en marge des travaux officiels.
Sans forcer la note pour que mes amis ne me disent pas que je suis gentil «mais lourd», j'ai proposé aussi quelques textes de création. À ma grande joie, ces poèmes ont entraîné d'autres poèmes, en particulier ceux de Michel Vincent qui suggèrent toujours des images vives, très proches de l'enfance.
Dans le même esprit, c'est avec beaucoup de bonheur que j'ai reçu des textes de Jean Custeau. Comment vous faire entendre ses disques qui ne passent jamais à la radio sinon en publiant quelques chansons?
Mon ami brésilien Claudio qui a un fils québécois m'a fait suivre à ma demande une traduction en portugais d'un poème d'Aragon. C'est un morceau de choix qui fait partie de Libre Salmigondis.
Une nuit de l'hiver dernier, je travaillais encore vers trois heures du matin pour en finir avec un travail universitaire. En fait, je venais de le «shiper» au prof par courriel et j'étais comme un peu saoul. Je décide de faire le tour de mon blogue avant de tout éteindre. J'aperçois alors un commentaire récent qui m'a donné un grand coup. Il se lisait comme suit : «Enfin, je vous trouve. Votre entrée du 19 septembre 2005 me le prouve. Écrivez-moi (par courriel) s'il-vous-plaît, je voudrais vous rencontrer.»
C'était signé Kattleen Gurrie que j'ai prise pour la sœur de mon ami poète, décédé, Michael T. Gurrie. Il s'agissait en fait de sa nièce, étudiante en littérature... Nous nous sommes rencontrés. Ce fut très impressionnant pour moi.
Déjà les voix que j'ai citées plus haut et que je ne saurais nommer toutes ont été de grands soleils qui m'ont tiré en avant. Mais je me permettrai de dire sur le plan personnel que cette seule rencontre avec Kattleen donne à mon blogue le mérite d'avoir existé.
Je me demande toutefois si je vais poursuivre ce carnet. En moyenne, une trentaine de visiteurs viennent chaque jour. Trois fois il y a eu plus de 100 personnes. Les «cotes», cela importe peu. Mais reste que sur le plan du dialogue, sauf quelques heureuses exceptions, je ne suis pas certain de contribuer adroitement.
Ce sont des problèmes techniques surtout qui m'embarrassent. Mon serveur s'est fait durement attaquer par des spams ce printemps. La fonction commentaire a été gelée pendant plusieurs mois sans explication. On a coupé, scrapé des commentaires déjà publiés!!! L'organisation des archives est préhistorique. En plus, j'ai un abonnement payant alors que partout les blogues sont devenus gratuits. La plupart des bons sites qui étaient chez MonBlogue (Branchez-vous!), pour ne pas le nommer, ont déménagé au cours des derniers mois.
C'est dans ce contexte que j'ai ouvert pour expérimenter chez Blogger un autre carnet qui s'appelle Train de nuit (jazz, poésie). On trouvera l'adresse parmi les liens amis.
À suivre, donc.
Merci!
Merci de vos mots qui donnent de la vie à ce carnet.
Et au plaisir.
Jack.
par Jacky boy | le 2006-08-09 02:21:00 | PERMALIEN
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